Apprivoiser
la peur.
Il était une fois une jeune guerrière à
qui son
maître dit qu'elle devait engager le combat contre
la peur.
Elle ne voulait pas le faire. Ça lui semblait trop
agressif,
effrayant, hostile.
Mais le maître la poussa non sans lui donner quelques
instructions avant la bataille.
Quand le jour du combat arriva, la jeune guerrière
se tint
d'un côté et la peur de l'autre.
La
première se sentait bien petite face à la
seconde, qui avait l'air grande et courroucée.
Toutes deux avaient leurs armes.
Mais il fallut faire le premier pas. La jeune guerrière
s'enhardit, avança vers la peur, se prosterna trois
fois et lui
demanda: "Puis-je avoir la permission de me mesurer
à vous?"
La peur, agréablement surprise, lui dit: "Merci
d'avoir tant
de respect pour moi. Il est rare qu'on sollicite ma permission.
La plupart du temps, je m'impose sans qu'on m'y ait invité."
Alors la jeune guerrière lui demanda: "Comment
puis-je vous
vaincre?" La peur répliqua: "Je parle très
vite et je
m'approche tout près de votre visage : voilà
mes armes.
Généralement, vous vous troublez et vous faites
tout ce que
j'ordonne. Mais si vous ne faites pas ce que je vous dis,
je n'ai aucun pouvoir.
Vous pouvez m'écouter, avoir du respect pour moi
et
même être convaincue de l'influence que j'ai
sur vous, mais si vous ne m'obéissez pas, je suis
totalement désemparée."
C'est ainsi que la jeune guerrière apprit à
vaincre la peur:
en l'accueillant, sans pour autant lui laisser le dernier
mot.
GC.
Et
oui ! Cela paraît incroyable mais c'est pourtant ainsi
que
ça fonctionne: il faut avoir un certain respect pour
sa frousse, comprendre comment nos émotions ont le
pouvoir de nous faire tourner en rond.
Cette introspection nous aide à découvrir
comment nous
augmentons notre douleur et notre confusion.
Accepter la peur, ne pas lui refuser l'entrée de
notre esprit et une certaine emprise sur notre corps, mais
sans la laisser dicter notre conduite, c'est le meilleur
moyen de la combattre.
Grâce à l'attention portée à
nous-mêmes, nous pouvons voir
la peur au moment où elle surgit. Nous pouvons la
relativiser, la comparer au reste de notre vie.
Nous comprenons le processus et nous évitons la réaction
en chaîne qui transforme une peur d'abord minuscule
en
monstruosité inéluctable.
(C.G.)
"Faites
le lit de la peur, mais ne couchez pas avec elle".
(M. Cornouardt)
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